Revente à perte : est-ce vraiment interdit ? Les exceptions du Code de commerce

En France, la gestion des stocks et la politique de prix sont au cœur des préoccupations de tout commerçant. Face à des produits invendus ou à une concurrence féroce, la tentation de baisser drastiquement les prix peut être forte. Se pose alors une question cruciale : un professionnel a-t-il le droit de vendre un produit à un prix inférieur à celui auquel il l'a acheté ? C'est la fameuse question de la revente à perte. Si le principe général est une interdiction formelle, le droit français, et notamment le Code de commerce, a prévu une série de situations très précises où cette pratique devient légale. Cet article a pour but de démystifier le régime de la revente à perte, en détaillant son cadre légal, les raisons de son interdiction, et surtout, les cas dérogatoires qui permettent à une entreprise de s'y adonner sans risquer de sanction.

La revente à perte est-elle réellement interdite en France ?

En France, la revente à perte est effectivement interdite par le Code de commerce : un commerçant ne peut en principe pas vendre un produit en l'état à un prix inférieur à son prix d'achat effectif (prix net de la facture, diminué des remises et ristournes, puis majoré des taxes et du coût de transport). Cette pratique est considérée comme déloyale car elle perturbe la concurrence et menace l'équilibre du marché. Toutefois, la loi prévoit sept exceptions strictement encadrées (notamment les soldes, la cessation d'activité ou les produits périssables), permettant dans certains cas de revendre à perte sans encourir de sanction.

Cadre légal de la revente à perte : articles du Code de commerce et définitions essentielles

Pour comprendre le sujet, il est indispensable de maîtriser les concepts juridiques qui l'encadrent. Le droit du commerce est précis et ne laisse que peu de place à l'interprétation.

Définition de la revente à perte et distinction avec le dumping

La revente à perte, dont le principe d'interdiction a été posé historiquement par l'article L.442-2 du Code de commerce, est aujourd'hui définie par l'article L.442-5 comme le fait, pour tout commerçant, de revendre ou d'annoncer la revente d'un produit en l'état à un prix inférieur à son prix d'achat effectif. La revente d'un produit en l'état est donc au cœur de la définition. Deux notions sont ici capitales :

  1. Produit en l'état : Cela signifie que le produit n'a subi aucune transformation de la part du revendeur. Un boulanger qui vend son pain ne peut pas vendre à perte au sens de cet article, car il a transformé la farine. En revanche, un supermarché qui revend une baguette achetée à un fournisseur est concerné.
  2. Prix d'achat effectif : Il s'agit du seuil en dessous duquel la revente est considérée comme étant à perte.

Il ne faut pas confondre cette pratique avec le dumping. Le dumping est une stratégie commerciale agressive où une entreprise vend ses produits à des prix très bas sur un marché, souvent à l'export, dans le but de gagner des parts de marché. Bien que controversé, le dumping n'est pas en soi la même chose que la revente à perte, qui établit un lien direct entre le prix de vente et le coût d'achat d'une transaction spécifique.

👉 Quelles sont les différences entre revente à perte et dumping ?

La revente à perte désigne le fait de revendre un produit en l'état à un prix inférieur à son prix d'achat effectif, ce qui est interdit en France sauf exceptions. Le dumping, en revanche, consiste à vendre un produit à l'étranger à un prix inférieur à celui pratiqué sur le marché domestique, dans le but de conquérir des parts de marché à l'international. Si la revente à perte est sanctionnée par le Code de commerce, le dumping est encadré par le droit de la concurrence international et peut être sanctionné s'il constitue un abus de position dominante ou une pratique anticoncurrentielle.

🚨À retenir :

Pour comprendre le régime de la revente à perte, il faut retenir que l'interdiction ne vise que la revente de produits non transformés à un prix inférieur au prix d'achat effectif. Ce seuil prend en compte les remises, mais le calcul final intègre aussi les coûts de transport et les taxes. Les exceptions sont limitativement énumérées par le Code de commerce et soumises à des conditions précises (surface de vente, nature du produit, etc.). La moindre erreur expose à de lourdes sanctions financières, pouvant atteindre 0,4 % du chiffre d'affaires annuel. Il est donc essentiel pour chaque commerçant de bien documenter ses pratiques et de demander conseil en cas de doute.

Champ d'application : quels produits, quels commerçants, quelles ventes ?

L'interdiction de la revente à perte s'applique à tout distributeur, qu'il s'agisse d'une personne physique (un entrepreneur individuel) ou d'une personne morale (une société). Elle concerne la vente de biens matériels et non les prestations de service. Que la vente s'adresse à un consommateur final ou à un autre professionnel, la règle reste la même. Seul le fabricant qui vend sa propre production n'est pas concerné par cette interdiction, car il ne s'agit pas de “revente”.

Le prix d'achat effectif et le calcul du seuil de revente à perte

C'est le point névralgique du dispositif. Pour calculer le seuil de revente à perte (SRP), il faut comprendre que le prix d'achat effectif est le prix plancher. C'est la clé pour savoir si une vente a perte est légale ou non. Le calcul doit intégrer le prix unitaire net du produit tel qu'il figure sur la facture, en déduisant tout avantage financier qui serait un pourcentage du prix unitaire, et en ajoutant les taxes et le coût du transport.

  • Prix unitaire net figurant sur la facture d'achat : C'est le point de départ.
  • Moins : L'ensemble des autres avantages financiers consentis par le vendeur (remises, rabais, ristournes, budgets de coopération commerciale).
  • Plus : Les taxes sur le chiffre d'affaires (comme la TVA), les taxes spécifiques liées à cette revente, et le prix du transport.

Formule simplifiée du SRP : SRP = (Prix unitaire net sur facture - Autres avantages financiers) + TVA et autres taxes + Coûts de transport

Tout prix de revente inférieur à ce seuil constitue une revente à perte. Il est donc essentiel pour un commerçant de bien conserver chaque facture et de calculer ce seuil avec précision avant toute opération de promotion agressive.

Pourquoi la vente à perte est-elle interdite ? Analyse économique et enjeux de concurrence

L'interdiction de la revente à perte n'est pas une simple lubie du législateur français. Elle a été instaurée en 1963 pour des raisons économiques et sociales profondes, visant à maintenir un équilibre sur le marché.

Objectifs de la loi : protéger la concurrence, les commerçants et les consommateurs

L'objectif principal de cette loi est de garantir une concurrence saine et loyale sur le marché. Il est interdit de vendre à perte car cette pratique, si elle devait être généralisée, déstabiliserait toute notre économie.

👉 Un commerçant peut-il organiser des « ventes flash » à perte pour attirer du public ?

Non, sauf si la vente flash entre dans l'un des cas d'exception prévus par le Code de commerce, comme les soldes ou une liquidation pour cessation d'activité. Sinon, il s'agit d'une pratique illicite, même pour une opération de courte durée.

Les risques de pratiques déloyales et de distorsion du marché

Sans cette règle, un grand distributeur pourrait décider de vendre un produit d'appel à une perte massive pour attirer les clients. Les petits commerçants, incapables de s'aligner sur un tel prix, perdraient leur clientèle et pourraient être contraints à la fermeture. Une fois la compétition éliminée, rien n'empêcheraient l'acteur dominant de remonter ses prix. À long terme, le consommateur, qui pensait initialement faire une bonne affaire, serait le grand perdant face à un choix réduit et des prix plus élevés.

Impact sur l'économie, la société et le marché français

Le maintien d'un tissu commercial diversifié est un enjeu de société. Il participe à la vitalité des centres-villes et à l'aménagement du territoire. L'interdiction de la revente à perte est donc un outil de régulation de l'économie qui vise à prévenir la constitution de monopoles ou d'oligopoles et à protéger un modèle de commerce plus équilibré en France.

Les exceptions à l'interdiction de la revente à perte prévues par le Code de commerce

Le principe est donc l'interdiction. Cependant, le Code de commerce est pragmatique et a prévu une liste limitative de sept cas d'exception où la revente a perte est autorisée. Chaque commerçant doit s'assurer d'entrer précisément dans l'une de ces catégories pour que sa pratique puisse être considérée comme légale.

Les cas d'exception légale : liste exhaustive et conditions à respecter

Cas dérogatoireDescription et conditions
Ventes volontaires ou forcées par cessation/changement d'activitéLiquidation totale du stock avant fermeture, déménagement ou changement radical d'activité commerciale. Ces ventes doivent être déclarées. Cette cessation d'activité est l'un des motifs les plus courants.
Produits saisonniersConcerne les produits dont la vente est liée à une saison (ex : décorations de Noël). La revente à perte est possible à la fin de la saison de vente ou entre deux saisons.
Produits démodés ou obsolètesProduits dépassés technologiquement ou stylistiquement (ex : collection de vêtements de l'année passée).
Produits périssables menacés d'altération rapideC'est le cas typique du produit périssable frais proche de sa date de péremption, menacé d'altération rapide. Cette situation vise à lutter contre le gaspillage. La loi précise que cette vente ne doit pas faire l'objet de publicité à l'extérieur du point de vente.
Réapprovisionnement à la baisseSi un commerçant se réapprovisionne sur un produit identique à un prix d'achat plus bas, le nouveau prix d'achat effectif remplace l'ancien pour tout le stock.
Alignement sur un concurrentUn commerçant peut s'aligner sur le prix plus bas pratiqué légalement par un concurrent pour les mêmes produits, à condition que ce dernier soit situé dans la même zone de chalandise, et ce même si le concurrent est un magasin d'une surface de vente supérieure, tant que les seuils légaux sont respectés par le commerçant qui s'aligne.
Produits soldésC'est le cas le plus connu du grand public. Durant les périodes légales de solde (hiver et été), la revente à perte est autorisée pour les articles proposés à la vente et payés depuis au moins un mois.

Plusieurs de ces exceptions — cessation d'activité, produits soldés, fins de saison — se déclenchent dans le cadre d'opérations de déstockage ou de liquidation, dont les régimes juridiques ne se confondent pas. Pour approfondir la distinction entre déstockage, liquidation et vente au déballage — ce que le droit autorise, ce qu'il sanctionne, l'analyse d'Albane Watine, avocate en droit économique, fait le point complet.

👉 Peut-on revendre à perte des produits alimentaires invendus via une plateforme anti-gaspillage ?

Oui, à condition que ces produits soient effectivement menacés d'altération rapide et que la vente ne fasse pas l'objet de publicité extérieure au point de vente. Cette exception vise à limiter le gaspillage alimentaire tout en respectant le cadre légal.

Le calcul du seuil de revente à perte doit être actualisé à chaque réapprovisionnement à la baisse : un même produit en stock peut donc avoir deux seuils différents selon la date et le prix d'achat.

Focus sur les denrées alimentaires et l'alimentation des animaux : SRP+10 et particularités

Depuis la loi EGalim, une spécificité importante concerne le secteur alimentaire. Pour les denrées alimentaires et les produits pour animaux de compagnie, le seuil de revente à perte est majoré de 10 %. Ce dispositif, appelé “SRP+10”, vise à mieux répartir la valeur au sein de la filière alimentaire. Par ailleurs, pour soutenir le commerce de gros, la loi prévoit qu'un grossiste qui vend exclusivement à des détaillants indépendants peut appliquer un coefficient de 0,9 à son prix d'achat effectif, ce qui lui permet une plus grande flexibilité.

Le SRP+10, applicable uniquement à l'alimentaire et à l'alimentation animale, crée une marge minimale obligatoire, ce qui peut paradoxalement limiter les promotions sur certains produits de première nécessité même en période de forte inflation.

Obligations du vendeur et bonnes pratiques pour être dans la légalité

Au-delà de l'interdiction de la revente à perte, le vendeur professionnel a des obligations générales.

Les obligations d'information, de délivrance et de garantie

Le vendeur doit fournir une information claire au consommateur sur les caractéristiques du produit et les conditions de vente, une obligation qui relève aussi bien du Code de commerce que du Code de la consommation. Il a une obligation de délivrance conforme (livrer le bon produit) et de garantie. Ces obligations s'appliquent quelle que soit la politique de prix de l'entreprise.

Conservation des preuves et gestion des factures, remises et avantages financiers

Pour justifier d'une vente à perte légale ou pour prouver qu'il respecte le SRP, le commerçant doit faire preuve d'une rigueur absolue. Il est impératif de conserver toutes les factures d'achat, les preuves des avantages financiers négociés, et, en cas d'alignement, des preuves du prix du concurrent (photos, captures d'écran datées). Une bonne gestion est la meilleure défense en cas de contrôle.

Pour l'exception d'alignement sur un prix concurrent, il faut prouver que le concurrent est situé dans la même zone géographique et que la surface de vente respecte les seuils légaux (300 m² pour l'alimentaire, 1 000 m² pour le non-alimentaire).

Conseils pour les commerçants et distributeurs : vigilance et recours au service juridique

En cas de doute, un commerçant avisé ne doit jamais hésiter. Lancer une opération commerciale agressive sans être certain de son droit peut coûter très cher et mettre en péril son activité. Il est recommandé de se rapprocher d'un service juridique ou d'un avocat spécialisé en droit du commerce pour valider la conformité d'une pratique avant de la mettre en œuvre.

Sanctions et conséquences en cas de revente à perte illicite

Le non-respect de la règle de la revente à perte n'est pas une simple erreur administrative. Les sanctions revente à perte sont sévères, car il s'agit d'un délit qui expose le contrevenant à de lourdes conséquences.

Amendes administratives, sanctions pénales et mesures complémentaires

La sanction principale est une amende administrative. Depuis les évolutions législatives récentes, cette amende peut atteindre un montant très dissuasif : jusqu'à 0,4 % du chiffre d'affaires annuel hors taxes réalisé en France. Pour une grande entreprise, cela peut représenter des sommes colossales. Les anciens plafonds de 75 000 € pour une personne et 375 000 € pour une personne morale sont encore parfois mentionnés, mais le calcul en pourcentage du chiffre d'affaires est désormais la référence.

Cessation d'annonce publicitaire et actions pour concurrence déloyale

En plus de l'amende, les autorités (notamment la DGCCRF) peuvent ordonner la cessation de l'annonce publicitaire illicite. De plus, un concurrent qui s'estime lésé par cette pratique illicite peut engager une action en justice pour concurrence déloyale et réclamer des dommages et intérêts.

Cas récents de sanctions et impact sur l'image de marque d'une société

Plusieurs grandes enseignes ont déjà été sanctionnées pour cette pratique. Au-delà de l'impact financier de la sanction, la condamnation peut être rendue publique, ce qui porte gravement atteinte à l'image de marque et à la réputation de la société concernée, qu'il s'agisse d'un petit commerce ou d'un grand groupe.

Évolutions récentes et perspectives d'avenir du régime de la revente à perte

Le droit n'est pas figé. Le régime de la revente à perte continue d'évoluer pour s'adapter aux nouvelles réalités du commerce.

👉 La revente à perte est-elle autorisée pour les ventes en ligne ?

Le régime s'applique également aux ventes sur internet : la revente à perte est interdite, sauf exception légale. Les sites e-commerce doivent donc veiller à respecter le seuil de revente à perte et les conditions d'exception, au risque de subir les mêmes sanctions qu'un magasin physique. Tout site web est concerné.

Nouveautés législatives : SRP+10, extension aux marques de distributeur, obligations de transparence

La loi « Travert » (loi n° 2025-337 du 14 avril 2025) a récemment prolongé l'expérimentation du SRP+10 jusqu'en 2028. Elle a également clarifié que l'interdiction de la revente à perte s'applique aussi aux produits sous marque de distributeur, mettant fin à une incertitude juridique. De plus, les obligations de transparence des distributeurs sur l'impact du SRP+10 ont été renforcées, avec une sanction spécifique en cas de manquement.

👉 Quels sont les risques pour un commerçant qui ne respecte pas les obligations de transparence sur le SRP+10 ?

Depuis les récentes évolutions législatives, les distributeurs soumis au SRP+10 doivent transmettre chaque année un document aux ministères de l'Économie et de l'Agriculture précisant l'impact de cette mesure sur leur chiffre d'affaires. Le défaut de transmission ou de réponse sous 15 jours à une demande d'information expose à une amende administrative pouvant atteindre 0,4 % du chiffre d'affaires annuel hors taxes, majorée en cas de récidive.

Droit européen, jurisprudence et débats sur la pertinence de l'interdiction générale

Il existe un débat sur la compatibilité de l'interdiction générale française avec le droit européen. La Cour de justice de l'Union européenne a estimé qu'une interdiction aussi générale n'était pas conforme, mais la Cour de cassation française a, pour sa part, limité la portée de cette décision, créant une situation juridique complexe.

Vers une simplification ou une adaptation du dispositif ? Réflexions juridiques et économiques

L'économie du commerce est en pleine mutation avec l'essor du e-commerce. Des économistes et des juristes s'interrogent sur la pertinence de maintenir une règle aussi stricte. Des expérimentations locales ou sectorielles pourraient être envisagées à l'avenir pour tester les effets d'un assouplissement.

La revente à perte a été temporairement autorisée pour les carburants en 2023, une première depuis 1963, illustrant que l'État peut adapter le cadre légal pour des raisons économiques exceptionnelles.

Conclusion : Synthèse, vigilance et responsabilité du professionnel face à la revente à perte

En définitive, la revente à perte est bien, par principe, une pratique interdite en France. Cette règle, pilier du droit de la concurrence français, vise à assurer un équilibre du marché et à protéger l'ensemble des acteurs. Toutefois, la loi a su faire preuve de pragmatisme en définissant un champ d'application précis et une série de cas dérogatoires clairs, mais stricts. Pour tout professionnel, la clé réside dans une connaissance fine de ces règles, une gestion rigoureuse de son prix d'achat effectif et une grande vigilance avant de lancer toute opération de baisse de prix agressive, qui pourrait mettre en péril la pérennité de son activité. La responsabilité du chef d'entreprise est de s'assurer que sa stratégie commerciale, même offensive, reste dans le cadre de la légalité pour ne pas s'exposer à une sanction qui pourrait être lourde de conséquences.

Vous êtes commerçant ou distributeur et vous avez une question sur la légalité de vos pratiques tarifaires ? Décrivez votre situation pour être mis en relation avec un avocat spécialisé en droit commercial.

Information générale — pas un conseil juridique

Cet article est fourni à titre informatif et peut se substituer à un conseil juridique personnalisé. Pour toute situation engageant votre responsabilité, consultez un avocat.

Les questions des internautes

Quelles sont les conséquences concrètes d’une revente à perte illicite pour une société ?

Si une société procède à une revente à perte hors des exceptions prévues par le Code de commerce, elle s’expose à une amende administrative pouvant atteindre jusqu’à 0,4 % de son chiffre d’affaires annuel hors taxes en France. La cessation immédiate de toute annonce publicitaire illicite peut être ordonnée, et les concurrents lésés peuvent engager des actions en justice pour concurrence déloyale.

Comment un commerçant peut-il prouver qu’il respecte le seuil de revente à perte ?

Le commerçant doit conserver toutes les factures d’achat, les preuves de remises ou avantages financiers obtenus, ainsi que les justificatifs des frais de transport et des taxes appliquées. Pour l’exception d’alignement, il est recommandé de conserver des captures d’écran datées des prix pratiqués par le concurrent dans la même zone.

Quelles sont les différences entre revente à perte et dumping ?

La revente à perte désigne le fait de revendre un produit en l'état à un prix inférieur à son prix d'achat effectif, ce qui est interdit en France sauf exceptions. Le dumping, en revanche, consiste à vendre un produit à l'étranger à un prix inférieur à celui pratiqué sur le marché domestique, dans le but de conquérir des parts de marché à l'international. Si la revente à perte est sanctionnée par le Code de commerce, le dumping est encadré par le droit de la concurrence international et peut être sanctionné s'il constitue un abus de position dominante ou une pratique anticoncurrentielle.

Le SRP+10 s’applique-t-il à tous les produits alimentaires vendus par un distributeur ?

Non, le SRP+10 s’applique uniquement aux denrées alimentaires et à l’alimentation des animaux de compagnie, vendus en l’état au consommateur final. Il ne concerne pas les produits transformés ou les ventes entre professionnels. Une erreur d’application peut entraîner des sanctions importantes, notamment en cas de contrôle par la DGCCRF.

Quels sont les risques pour un commerçant qui ne respecte pas les obligations de transparence sur le SRP+10 ?

Depuis les récentes évolutions législatives, les distributeurs soumis au SRP+10 doivent transmettre chaque année un document aux ministères de l'Économie et de l'Agriculture précisant l'impact de cette mesure sur leur chiffre d'affaires. Le défaut de transmission ou de réponse sous 15 jours à une demande d'information expose à une amende administrative pouvant atteindre 0,4 % du chiffre d'affaires annuel hors taxes, majorée en cas de récidive.

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